Épisode 2 : Je pleure devant une pub de yaourt…

Aaaaah ! Toi, t’es pas juste une lectrice…
T’es une initiée au club très privé des hypersensibles ultra-réceptives qui pleurent pour une vache en CGI
Lu

est-ce que je suis possédée ou juste vivante ?

Je regarde une pub.
Une pub.
Pour du yaourt.

Un type ouvre son frigo, trouve un pot, le tend à sa fille.
Elle le prend avec un regard plein d’amour intergénérationnel.
Le soleil passe à travers la fenêtre.
La musique est douce.
Et moi…

JE CHIALE.

Mais genre… les grosses larmes.
Celles du chakra du cœur qui fait un AVC de tendresse.
Celles du “je ressens toute la beauté tragique de l’univers dans un dessert lacté.”

Mon mental rationnel : “C’est qu’une pub.”

Mon cœur hypersensible : “C’est l’amour pur, Jean-Michel.”

Et là, ça commence :
Je me demande si je suis normale.
Parce que la voisine, elle, regarde ce genre de pub en mâchant des chips sans émotion visible.
Moi j’ai déjà visualisé toute la biographie émotionnelle du père et de la fille.
Je sais qu’ils ont traversé un deuil. Je le sais.

Petit retour à moi-même (entre deux mouchoirs) :

Et si, en fait… c’était normal d’être touchée par la douceur ?
Et si j’avais une boussole émotionnelle réglée sur “tout ce qui est humainement vivant” ?
Et si j’étais pas folle, mais vivante puissance mille ?

Et puis, faut dire la vérité :

On vit dans un monde où les gens s’endorment les yeux ouverts.
Alors ressentir, même trop, c’est peut-être notre façon de rester éveillées.

À la fin de la pub, j’ai pleuré, puis ri

Parce que oui, je suis intense.
Je suis perméable.
Je suis fragile.
Et je suis magnifique dans ma façon d’aimer des choses minuscules.

Moralité :

Si un yaourt peut t’ouvrir le cœur,
alors t’imagines ce que tu peux faire dans le monde ?

Tu veux qu’on enchaîne avec l’Episode 3 ?
Lu